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Philippe Grondin, un psy en mission humanitaire en Palestine


Originaire de Saint-Benoît, Philippe Grondin a quitté l’île après le bac pour devenir psychologue et psychanalyste à Lyon à la suite de longues études. A 51 ans, il s’investit dans des actions humanitaires en Palestine où il se rend trois fois par an. Compte-rendu de missions.


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Philippe Grondin, un psy en mission humanitaire en Palestine

Dans quelles circonstances avez-vous été amené à vous intéresser à la Palestine ?

Une de mes amies psychiatre travaille bénévolement au sein du Secours Populaire à Lyon. Elle rentrait d’une mission en Palestine et me parlait des besoins dans les centre éducatifs situés dans les camps autour de Bethléem. De par mon métier de pédopsychiatre en hôpital, mais aussi en cabinet et en tant que chargé de cours à l’université Lyon 2, je travaille sur la question des groupes à médiation. Dans le contexte politique et social de la Palestine, cette méthode semble à propos pour aider les enfants.

Racontez-nous votre premier séjour sur place.

Il y a deux ans pour la première fois, j’ai rencontré l’équipe psychosociale d’un hôpital, le « Bethlehem Arab society for rehabilitation », dirigé par une franco palestinienne, Souha Shehadeh. Nous avons décidé ensemble d’un engagement mutuel sur trois années. Il s’agit d’assurer une continuité dans le travail, contrairement aux autres missions humanitaires qui sont souvent de courte durée. Il y a trois voyages par an. Grâce à un accord avec le centre hospitalier où je travaille, je suis alors détaché sur ces trois périodes.

En quoi consiste votre travail lors de ces missions ?

J’organise des formations et des dispositifs de soin pour les enfants en grande difficulté psychique, par l’intermédiaire de groupes à médiations et d’activités comme le conte, la peinture, le modelage... Ce travail va prendre une dimension plus élargie en août 2014 avec l’organisation de journées de travail entre des universitaires de Lyon 2, des soignants de l’hôpital où je travaille en Isère et des équipes soignantes de la région de Bethléem. Ces journées auront pour objet le partage et l’échange de pratiques cliniques.

Quels sont les besoins les plus urgents sur place ?

Les professionnels de santé palestiniens ont un besoin important d’échanges et d’ouverture sur l’extérieur puisqu’il est difficile pour beaucoup d’entre eux de voyager librement. Cela leur permet de mettre en place des outils de soin plus efficaces et d’être mieux à l’écoute de leurs patients. Si le métier est le même qu’en France, les conditions d’exercice sont très particulières en Palestine. Le souci principal pour les praticiens locaux est la libre circulation. Il est plus simple pour nous d’aller vers eux, de nous rendre dans les territoires de Cisjordanie. D’ailleurs j’ai croisé de nombreux Européens ainsi que des Américains qui collaborent avec eux.

Que retirez-vous de cette expérience dans un pays en guerre latente ?

Je me suis aperçu que devant les difficultés à circuler dans leur propre pays et à l’extérieur, les Palestiniens ont développé une capacité à être très créatifs, tant dans leur vie quotidienne, personnelle que professionnelle. La solidarité tient une grande place dans les solutions de débrouille imaginées. Au niveau du conflit Israélo-Palestinien, je ne peux m’empêcher de penser à la question si difficile de l’emprise politique d’un pays sur un autre, à la réduction de l’humain au non humain par un autre humain. Sur ce point précis, je me sens particulièrement touché de par mes origines réunionnaises et l’histoire de la Réunion, où en d’autres temps un homme a réduit un autre homme à l’état de meuble, tentant ainsi de lui ôter son humanité.

Est ce que la Palestine vous évoque la Réunion sous d’autres aspects ?

En tant que Réunionnais être dans ce pays fait de moi un égal. J’y retrouve des points de similarité avec mon enfance. Les religions, islamique et chrétienne, se côtoient à Bethléem malgré des modes de vie bien différents. Je ne parle pas la langue arabe (sauf quelques mots), mais je retrouve ici une gestuelle quotidienne, des attitudes non verbales qui me sont familières, inscrites en moi par mon histoire et le brassage ethnique que j’ai toujours connu.

Article paru dans Le Quotidien du 13 octobre 2013


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Biographie expresse

"J’obtiens un bac A4 à la Réunion en 1980 et je quitte l’île pour entamer des études de psychologie à Lyon. J’échoue en dernière année, au concours d’entrée au DESS de psycho. J’entame alors une psychanalyse à l’âge de 25 ans pour tenter de comprendre et surtout de dépasser cet échec. L’année suivante, je suis admis et deviens psychologue. En parallèle mon expérience en tant que patient m’incite à entreprendre le parcours pour devenir psychanalyste. Je choisis une société de psychanalyse, le Quatrième Groupe, dont je deviens Participant. 

Ma rencontre avec ma compagne me détermine à rester sur Lyon où je commence ma recherche d’emploi. Après un premier poste en tant que Chargé de recrutement chez Renault VI, je me rends compte que je souhaiterais plutôt m’orienter vers le soin que l’entreprise. Je travaille d’abord dans un centre de formation à Bourg en Bresse (dans le secteur de l’insertion), qui reçoit à ce moment là beaucoup de jeunes originaires de la Réunion. Je propose entre autre de monter un groupe de parole en créole à destination de ces jeunes dont certains se trouvent alors en grande difficulté d’adaptation. Par ailleurs je travaille avec des personnes en grande difficulté d’insertion sociale. 

Au fil du temps, je quitte ce secteur pour le secteur de l’enseignement (dans une école d’éducateurs spécialisés) puis pour le secteur hospitalier. D’abord à Lyon dans un service de soin pour toxicomanes et ensuite en pédopsychiatrie où depuis 10 ans, je travaille dans un hôpital de jour et sur secteur en tant que psychanalyste. Par ailleurs, j’ai mon cabinet et suis chargé de cours à l’université Lyon2, à l’Institut de Psychologie où j’ai fait mes études."

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