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Yasser Moullan, chercheur à l’Université d’Oxford à l’Institut des Migrations Internationales


Originaire de Saint-Denis, Yasser a quitté l’île après une licence d’économie à l’Université de la Réunion. Aujourd’hui diplômé d’un doctorat en Sciences Economiques de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, il est, à 30 ans, chercheur à l’Institut des Migrations Internationales (IMI) de l’Université d’Oxford en Angleterre.


Yasser Moullan, chercheur à l'Université d'Oxford à l'Institut des Migrations Internationales

D’où êtes-vous à la Réunion ?

Je suis né à la Réunion, et j’ai grandi et vécu à Saint Denis jusqu’à mes 21 ans. Je viens d’une famille de petits commerçants « zarabs » originaires du Gujarat en Inde que le goût d’entreprendre a toujours animés. C’est ce même goût d’entreprendre qui m’a amené à partir pour la Métropole en 2005, après avoir obtenu ma licence d’économie à l’Université de la Réunion. Le goût pour l’économie m’a été communiqué très tôt alors que je n’étais encore qu’un lycéen par un professeur au Lycée Leconte de Lisle de la Réunion à qui je dois énormément.

Quel a été votre parcours ?

J’ai intégré dès mon arrivée à Paris, l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et l’Ecole d’Economie de Paris où j’ai décroché les masters en double cursus avec une spécialisation en économie du développement. En 2008, grâce à une bourse doctorale du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, j’ai commencé une thèse sur les migrations internationales, après deux expériences respectives à l’Agence Française de Développement (AFD) et au Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Ce thème de recherche s’est développé grâce aux travaux de quelques professeurs belges que j’ai pu côtoyer à l’occasion de plusieurs conférences.

Et ensuite ?

En 2010, j’ai passé six mois à l’Université Catholique de Louvain pour mes recherches sur les migrations de médecins en compagnie de l’un d’entre eux. J’ai beaucoup apprécié ce petit séjour, car la chaleur des Belges et leur accent prononcé m’ont beaucoup rappelé la Réunion. En 2011, j’ai soutenu ma thèse de doctorat à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et en 2012, j’ai rejoint l’Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé (IRDES) en tant que chargé de recherche. En 2014, je m’envole enfin pour Oxford où je décroche un poste de chercheur à l’Institut des Migrations Internationales.

Quels objets de la Réunion vous suivent encore aujourd’hui ?

Je me souviens qu’avant de partir de la Réunion j’ai recopié quelques recettes de cuisine de ma maman et celles de ma grand-mère que j’ai gardées précieusement dans un carnet. Je me sers encore de ce carnet aujourd’hui notamment à l’approche du mois de Ramadan où je retrouve un petit goût de chez moi au moment de rompre le jeûne.

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

Yasser Moullan, chercheur à l'Université d'Oxford à l'Institut des Migrations Internationales Je dois bien avouer que lors de mon départ de la Réunion, j’avais un peu d’appréhension à l’idée de me lancer dans l’inconnu et de recommencer une nouvelle vie. On ne se rend vraiment compte que la Réunion est très éloignée de la Métropole que quand on s’y installe. Avec le recul, j’ai compris que cette expérience m’a peut être permis de m’émanciper et de grandir. Tout au long de mon parcours de mobilité, j’ai pu apprendre et entreprendre. « Pas capab lé mort sans essayer » comme le dit un proverbe que les « Réunionnais du monde » citent souvent. Et une des meilleures façons d’apprendre c’est certainement de voyager. Pendant cette thèse, il m’est arrivé de voyager un peu partout dans le monde, essentiellement pour présenter mes recherches, mais pas seulement. Les voyages restent aussi un bon moyen de faire de nouvelles rencontres et de voir des villes que je n’aurais jamais pensé découvrir. Lors d’un de mes derniers déplacements à Toronto, j’ai par hasard fait la connaissance dans un bus de jeunes Français installés à Montréal. On a discuté, sympathisé et on s’est donné rendez vous le lendemain pour visiter la ville. De belles rencontres totalement improbables : c’est aussi çà l’expérience de la mobilité !

Quels sont vos projets ?

Une chose est sûre c’est que je ne sais rien. Je pense qu’il y a quelques années de cela, une personne dans ma situation aurait été capable de répondre à cette question. Aujourd’hui on est dans un monde tellement incertain que rien ne me semble tracé d’avance. Ma génération a expérimenté la crise de 2008 de plein fouet, et quelque part, cela nous a appris à toujours garder les pieds sur terre, à nous remettre en question, à ne jamais baisser les bras. C’est peut être ce que je fais actuellement, je vais au bout de moi-même. Je serais très content de rester encore quelques temps à Oxford, tout comme je serais tout aussi content de revenir à la Réunion. Seul l’avenir le dira.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

La Réunion reste confrontée aux mêmes démons : chômage, insertion des jeunes, coût de la vie, dépendance vis-à-vis des importations… Mais la Réunion a des atouts sous-exploités qu’elle doit faire valoir à l’échelle mondiale. Outre le fait que c’est un spot touristique splendide pour son relief, son climat, sa faune et sa flore, elle bénéficie d’une localisation géographique idéale pour échanger davantage avec nos voisins régionaux. Des économies comme l’Afrique du Sud, l’Australie ou l’Inde sont des véritables moteurs de croissance de l’économie mondiale aujourd’hui et la Réunion ne peut que gagner à échanger avec eux. Par ailleurs, l’île bénéficie d’un atout démographique de taille : la jeunesse de sa population. Le dynamisme de notre île dans les années qui viennent dépendra fortement des efforts effectués aujourd’hui en termes de formation, d’insertion et de perspectives accordées aux jeunes.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Depuis que je suis en Angleterre beaucoup moins de contacts sauf sur les réseaux sociaux. Mais j’ai encore beaucoup d’amis réunionnais que je continue de voir quand je suis de passage à Paris. Justement cette année pour le nouvel an 2014 j’ai organisé un diner chez moi avec deux amis du lycée que je n’avais pas revus depuis presque dix ans. Çà m’a fait énormément plaisir de les revoir, de discuter, et de rigoler des souvenirs du lycée. Finalement on a juste vieilli, fait notre chemin, mais on est resté comme des « marmailles d’antan ».

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

Incontestablement la famille. On avait l’habitude de se voir tous les dimanches en famille chez mes grands-parents autour d’un bon repas. De temps en temps j’y repense même si internet permet aussi quelquefois de combler ce manque. Internet peut aussi bien rendre l’éloignement moins difficile mais il permet aussi de voir ce que l’on manque. Le fait de ne plus pouvoir partager les moments de joie, de fête mais aussi les moments de peine, de deuil sont parfois difficiles à supporter quand on est loin.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Je ne sais pas si Oxford est représentatif de l’Angleterre (probablement pas), mais beaucoup de gens connaissent la Réunion. Au début quand on me demandait d’où je venais je répondais « Reunion Island » mais personne ne connaissait. Dés que je traduis en disant « La Réunion » beaucoup de gens connaissent du fait de la proximité avec l’île Maurice ou parce qu’ils sont venus y passer des vacances. J’ai récemment fait la connaissance d’un professeur à Oxford qui est spécialiste des questions de diasporas et de créole et à ce titre les problématiques réunionnaises lui sont très familières. La Réunion leur évoque le Paradis : les tropiques, la mer et le volcan, même s’ils sont souvent conscients des difficultés économiques et sociales liées aux îles. Beaucoup d’entre eux me disent « quelle chance d’être né là bas ». Et je les comprends !

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Oxford est une toute petite ville comparativement à Paris où j’ai vécu presque 10 ans. On peut tout y faire à pied, ou à vélo, avec des espaces verts aussi grands que la ville elle-même. Pour le rythme de vie, il n’est pas rare de commencer la journée de travail tôt (vers 8h) mais aussi de la finir tôt vers 17h. Les Anglais sont très courtois, polis, et assez ouverts d’esprit. Je pense qu’une des qualités des Anglais c’est d’accepter la différence (même si cette vision est de plus en plus contestée), de savoir même en tirer parti et réussir malgré tout à donner à chacun son espace de liberté. Oxford est une ville qui accueille des étudiants du monde entier mais qui a su garder une identité et des traditions fortes à l’instar des diners officiels dans les « collèges » où la cravate est de rigueur pour les invités et la toge pour les hôtes. Un bon mariage entre modernité et tradition... un peu comme à la Réunion finalement !

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