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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Philippe Caussanel, 39 ans, tour opérateur au Cap (...)

Philippe Caussanel, 39 ans, tour opérateur au Cap en Afrique du Sud


Prendre une disponibilité et tenter sa chance dans un pays étranger. Beaucoup l’ont rêvé, Philippe l’a fait, avec sa petite famille. Enseignant d’EPS pendant plusieurs années, ce natif de Saint-Benoît a quitté son poste de responsable du sport universitaire à l’UR pour monter son entreprise au Cap. AFSUD est prestataire de services de tour opérateurs français, mais organise aussi des séjours -touristiques, sportifs, linguistiques- sur le Cap et le Western Cape pour les particuliers. Philippe participera au 1er village de la diaspora réunionnaise du 14 au 16 octobre 2009 à Saint-Denis.


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Philippe Caussanel
Philippe lors de la course « Bay to Bay » : 30 kilomètres sur le littoral, dans un cadre magnifique…

Racontez-nous votre parcours.

"Natif de Saint-Benoît, j’ai fait l’ensemble de ma scolarité à Saint-Paul avant de quitter La Réunion pour des études supérieures en Métropole (Montpellier) et au Québec (Université Laval), dans le domaine du sport et de l’éducation physique. A la fin de mes études en 1991, je suis rentré à La Réunion. J’ai enseigné successivement en collège –dont sept années passées au Collège Jean D’Esme de Sainte-Marie- puis au lycée et enfin, à l’Université de la Réunion, en charge du sport universitaire".


Dans quelles conditions avez-vous quitté l’île ?

"Amoureux de l’Afrique du Sud, après plusieurs séjours touristiques et professionnels, nous avons décidé, mon épouse et moi, de nous mettre en disponibilité en juillet 2006, afin de tenter notre chance dans ce pays. AFSUD est prestataire de service de tour opérateurs français mais organise aussi des séjours -touristiques, sportifs, linguistiques- sur le Cap et le Western Cape pour les particuliers".

Souhaitez-vous faire passer une offre d’emploi ou de stage sur le site ?

"Malheureusement, la législation sud-africaine et le volume de nos activités ne nous permettent pas d’embaucher à l’heure actuelle mais cela pourrait changer à l’avenir…"


Quels sont vos projets ?

"Nous allons structurer notre société, former des Sud Africains afin de déléguer certains secteurs d’activité. Nous souhaiterions aussi créer un label de « tourisme équitable » afin d’inciter nos prestataires de service –hôtel, guest houses… - à payer leur personnel dignement. Les salaires de certains employés peuvent ici être très modestes. Notre objectif serait de ne travailler qu’avec les sociétés qui respectent ce label".

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

"Découvrir un pays étranger le temps des vacances ou d’un court séjour est une chose. S’y installer en famille, démarrer une nouvelle activité professionnelle, s’adapter aux us et coutumes du coin, c’est autre chose ! Il faut tout reconstruire dans les moindres détails de la vie quotidienne. Il y a parfois des moments un peu difficiles, mais on se trouve de nouvelles ressources et cette adaptation devient vivifiante".

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

"Beaucoup de choses ! On ne laisse pas derrière soi sa famille et ses amis sans ressentir un terrible vide, même si l’on vit beaucoup plus facilement l’éloignement aujourd’hui qu’il y a quinze ans ! Avec Skype, les grands parents ne sont qu’à un clic de souris pour nos enfants qui trouvent cela tout à fait normal. Je regrette aussi l’ambiance du service universitaire dans lequel je travaillais, le contact avec les étudiants dans le cadre professionnel et associatif. L’enrichissement était réciproque. Malheureusement, les nouvelles qui me parviennent de l’Université de la Réunion ne sont pas des meilleures. Il est triste de voir une telle institution s’en aller à vau-l’eau".

Quoi d’autre ?

"Il me manque aussi toutes ces petites choses de la vie quotidienne ; le marché du Chaudron et ses bazardiers, cette langue créole imagée, et la cuisine bien sûr. Il faut partir pour comprendre combien La Réunion est sensuelle ; sensuelle dans sa langue, dans sa gastronomie et dans les contacts. Chez nous, le premier contact est si facile entre les gens. Ici, les gens sont plus distants au départ, surtout si vous n’avez pas la même couleur de peau. Et puis, chez nous, cela commence par une bonne poignée de mains alors qu’ici, les gens se saluent à distance la première fois. En revanche, quand ils se connaissent bien, ils sont capables de s’étreindre très longuement, à se demander quand cela va s’arrêter".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

"J’ai la conviction que La Réunion a tout pour réussir : elle est riche si on la compare aux pays de la zone, elle est à un carrefour de pays émergeants (Inde, Chine, Afrique du Sud), tout en jouant la carte européenne… et en même temps, on observe une inertie dans bien des secteurs, avec souvent un manque de pragmatisme. Tout devient rapidement compliqué. La gestion de la crise du chikungunia en est malheureusement le dernier exemple".

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

"Le fait d’être Réunionnais n’a eu aucune influence sur mon parcours professionnel à proprement parler. En revanche, « s’expatrier » pour suivre un cursus universitaire (STAPS) qui n’existait pas à l’époque à La Réunion a été un avantage certain. Toute adaptation à un environnement nouveau est source d’enrichissement. On devient plus fort".

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

"Je sais qu’il y a quelques Réunionnais sur le Cap mais pour l’instant, nous n’avons pas eu encore l’occasion de les rencontrer, pris par notre installation et le démarrage de notre société. Les seuls Réunionnais que nous rencontrons pour l’instant sont ceux qui nous rendent visite et à qui l’on demande de nous ramener des bilimbis et des saucisses".

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

"La Réunion est complètement méconnue. C’est désolant. Il faut parler de Maurice pour que les gens commencent à réagir. Et quand vous parlez de La Réunion dans une agence de voyage, c’est toujours la même rengaine : billets d’avion trop chers, « peu d’intérêts touristiques » (peu de plages, peu de golf). Et pourtant, quand on fait venir des Sud-Africains sur la Réunion, ils sont surpris par la qualité de nos évènements sportifs (Grand Raid, meeting international de natation…), la mixité sociale, nos montagnes, le volcan ! Il faudrait mettre en valeur ces aspects dépaysants car malheureusement, La Réunion n’a pas d’image ici".

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

"La région du Cap est extraordinaire, avec un sentiment d’espace, des paysages variés, une faune et une flore très riches. Je suis venu la première fois en Afrique du Sud en 1981. J’ai visité, depuis, bien d’autres pays mais l’Afrique du Sud est toujours restée une référence. Les gens sont accueillants même s’il y a beaucoup de retenue ou de timidité au premier abord. Et puis, il y a cette mentalité anglo-saxonne, basée sur l’action et le sport de masse".

Est-ce que vous y avez trouvé votre compte au niveau du sport ?

"Les manifestations sportives grand public –course pédestre, VTT, cyclotourisme- sont très nombreuses et les gens se déplacent en famille, du grand-père au petit-fils. Les organisateurs sont donc obligés de limiter le nombre de participants. Ainsi, le quota de 35 000 Sud-Africains inscrits pour le Cycle Argus Tour (la plus grande course de cyclotourisme du monde sur le Cap) a été atteint en dix neuf jours !"

Quels sont, au regard de votre expérience, les conseils que vous donneriez aux jeunes Réunionnais ?

"La mobilité est une chance. J’ai eu l’occasion d’amener un bon nombre d’élèves et d’étudiants pour des voyages d’études ou des déplacements sportifs. Les jeunes ont des capacités d’adaptation surprenantes et ils reviennent différents ; à la fois plus ouverts sur « l’extérieur » et plus sensibles à toutes ces petites choses agréables de la vie à la Réunion. Certains sont littéralement transformés par cette aventure et je suis très heureux quand j’apprends que d’anciens élèves –souvent de milieu modeste- ont tenté leur chance en Métropole ou à l’étranger".

Profitez-en pour les saluer !

"J’en profite : Karl Kichenin, Fabien Ratane qui poursuivent leurs études en Métropole, le premier dans l’hôtellerie, le second dans la bijouterie, Aurélie Gresset qui, après une belle carrière sportive, s’est exilée pour des études de biochimiste aux Etats-Unis… "

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

"Ce site est une bouffée d’oxygène. Le fait de voir notamment de jeunes (et moins jeunes …) Réunionnais partir aux quatre coins du monde est rassurant et surtout contraire à certaines idées reçues selon lesquelles les jeunes ne « bougeraient plus », assistés, blasés…"

Voir la fiche membre de Philippe et le site AFSUD.

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